Trop gentil pour être heureux. Le syndrome du chic type
Robert Glover, 2003
Il est poli, fiable, ne contredit jamais personne et n'obtient pourtant pas ce qu'il souhaite : ni en amour, ni au lit, ni au travail. Le thérapeute familial Robert Glover appelle cela le syndrome du chic type. Il en explique les origines et montre pourquoi la gentillesse destinée à obtenir l'approbation devient du ressentiment. Son programme : cesser de se cacher, donner la priorité à ses besoins et demander directement.
Pour qui
Pour ceux qui ont l'habitude de satisfaire tout le monde, évitent les disputes et accumulent silencieusement du ressentiment quand leur gentillesse n'est pas réciproque. Et pour ceux qui vivent auprès d'eux et veulent les comprendre.
Presque tout ce que fait le chic type vise, consciemment ou non, à obtenir l'approbation de quelqu'un ou à éviter sa désapprobation.
L'homme qui fait tout correctement
Imagine Maxime. Il a un bon travail, une maison et une femme, Olia. Il se souvient de ses obligations, cède dans les désaccords, répare, conduit, dépanne et ne hausse jamais le ton. Il se considère comme quelqu'un sur qui l'on peut toujours compter. Une seule chose le gêne : Olia se montre de plus en plus froide avec lui, et il ne comprend pas pourquoi.
Il fait pourtant davantage pour elle que bien des maris. Il ne réclame rien à voix haute, mais tient ses comptes intérieurement, et selon ce calcul, on lui doit beaucoup depuis longtemps. Il a l'impression de toujours donner bien plus qu'il ne reçoit, et son ressentiment envers sa femme grandit chaque semaine.
Glover, thérapeute familial et, selon ses propres mots, chic type en cours de guérison, a entendu ce ressentiment chez de nombreux hommes. Il en a nommé la racine : le syndrome du chic type. C'est une image du livre, pas un diagnostic. Le chic type est persuadé que quelque chose cloche chez lui s'il reste simplement lui-même. Pour être aimé, il essaie de devenir celui que les autres veulent voir et cache tout ce qui pourrait déplaire.
Tu découvriras d'où vient cette habitude, quelles conditions secrètes régissent sa vie et pourquoi sa sollicitude finit si souvent en ressentiment. Tu verras aussi comment Glover propose de retrouver sa force, de trouver un appui auprès d'autres hommes et de construire l'amour et l'intimité sans marchandage. Sa réponse ne consiste pas à devenir brutal. Commençons par l'enfance, là où tout prend naissance.
Le garçon qui a conclu que le problème venait de lui
Imagine l'enfance de Maxime. Chez lui, on le félicitait lorsqu'il ne dérangeait pas : il ne pleurait pas, ne contestait rien et rapportait de bonnes notes. S'il se mettait en colère ou demandait quelque chose, les adultes s'irritaient ou se détournaient. Il a vite compris que le plus simple était de ne pas faire de vagues.
Selon Glover, tout commence par une chose simple : un petit enfant ne peut pas comprendre que ses parents sont imparfaits. Quand ses besoins sont ignorés, qu'on se fâche contre lui, qu'on l'utilise ou qu'on l'étouffe de sollicitude, il tire la seule conclusion à sa portée : quelque chose cloche chez moi. Glover rassemble ces expériences sous un mot : l'abandon. Il peut exister même lorsque les parents sont physiquement présents.
Cette conclusion fait naître la honte toxique, la conviction d'être mauvais en soi et non à cause d'un acte. C'est comme une tache sur une chemise que l'enfant apprend à couvrir de sa main. Pour qu'on ne la remarque pas, il élabore une stratégie : être gentil, ne pas causer de problèmes, cacher sa colère, ses désirs et ses erreurs. Cette stratégie aide à survivre à l'enfance, puis continue automatiquement à l'âge adulte, comme un réveil que personne n'a éteint.
Glover voit aussi une cause au-delà de la famille. Au cours des dernières décennies, de nombreux garçons ont grandi avec des pères presque toujours au travail ou ayant quitté le foyer. Ils étaient surtout élevés par des femmes : mères, enseignantes. Le garçon apprenait à être gentil selon leurs critères et rencontrait rarement un homme auprès duquel apprendre.
Que faire ? Glover propose de se rappeler les messages reçus sur soi dans l'enfance et de les regarder avec des yeux d'adulte. « Je ne suis pas comme il faut » était la conclusion d'un enfant sans autre explication. Tu peux revoir cette conclusion, sans avoir besoin de chercher des coupables.
L'auteur
Robert Glover est un thérapeute familial américain de l'État de Washington, titulaire d'un doctorat en thérapie familiale. Il se décrit lui-même comme un chic type en cours de guérison.
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